La Dégénérescence Maculaire Liée à l'Age (DMLA) est une maladie rétinienne chronique et multifactorielle qui endommage les photorécepteurs et peut conduire à une cécité chez les personnes âgées au fil du temps. Deux formes se distinguent : la DMLA sèche et la DMLA humide, chacune ayant ses propres mécanismes physiopathologiques. Bien que des traitements tels que les injections intravitréennes d'anti-VEGF soient efficaces dans la DMLA humide, ils restent un lourd fardeau pour les patients et les soignants, entraînant un manque d'observance de la part des patients. Pour la DMLA sèche, aucun traitement suffisamment efficace n'est actuellement disponible en Europe. Il est alors essentiel de rechercher de nouvelles approches thérapeutiques.
Cette thèse vise donc à relever deux défis : augmenter l'efficacité des traitements et améliorer l'observance des patients. Pour cela, un nouveau traitement local et non invasif (collyre), ciblant les deux types de DMLA grâce à une combinaison de deux acides gras a été développé.
Dans un premier temps, la stabilité des principes actifs a été évaluée à l'aide de différentes méthodes analytiques, comme la résonance magnétique nucléaire, l'infrarouge, la chromatographie liquide haute performance, la spectrométrie de masse et la colorimétrie. Dans un second temps, plusieurs nanoparticules de tailles et de compositions différentes ont été développées à l'aide de plans d’expériences. Les propriétés physico-chimiques de leurs suspensions, avec entre autres le pH, l’osmolalité, la taille des particules, la tension de surface, l’indice de réfraction ou encore la transmittance ont été analysées, afin de garantir leur tolérance oculaire et le confort des patients. Dans cette étape, différentes formulations visqueuses ont été développées puis comparées en termes de propriétés rhéologiques et bioadhésives, dans l’objectif de véhiculer les nanoparticules et d’augmenter leur temps de résidence à la surface oculaire. Enfin, grâce à différents modèles cellulaires développés, la toxicité et la perméabilité oculaire des nanoparticules au niveau de la cornée et de la conjonctive ont pu être étudiées.
En raison des nombreux mécanismes de défense de l’œil et de son anatomie complexe, il est aujourd’hui difficile d’atteindre des biodisponibilités oculaires élevées lors d’un traitement topique. Toutefois, dans ce projet, les solutions viscosifiantes pourraient permettre d’augmenter le temps de résidence à la surface de l'œil et ainsi la biodisponibilité. De plus, les nanoparticules pourraient quant à elle permettre de franchir les barrières physiologiques oculaires, dans l’objectif in fine d’atteindre le segment postérieur de l'œil. Avec de plus amples essais ex vivo puis in vivo pour infirmer ou confirmer les premiers résultats présentés dans le manuscrit, le développement de nanoparticules pour une application topique ophtalmique pourrait conduire à une avancée majeure dans le traitement des maladies rétiniennes.