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Flux physiques et domination dans le système-monde. Regard sur le métabolisme suisse à l'aune de l'échange écologiquement inégal

Master program titleMaster en socioéconomie
Defense date2026-06-17
Abstract

Il a pu sembler, lors du discours d’investiture du président étatsunien Harry Truman en janvier 1949, que la disparition des empires coloniaux européens allait marquer le début d’une nouvelle ère dans l’histoire de l’humanité : une ère d’égalité, de paix et de développement. Aujourd’hui, le bilan est plus que mitigé car, loin de disparaître avec la fin des colonies, la domination d’un petit groupe de pays sur le reste du monde s’est renouvelée et se trouve aujourd’hui cristallisée dans l’ordre institutionnel, politique et économique mondial que l’on nomme néolibéralisme.

Face à la complexité de ces nouveaux rapports de domination, le concept d’échange écologiquement inégal (EEI) permet de faire une part de lumière. En décentrant son analyse des indicateurs économiques opaques pour revenir à une analyse physique de l’économie (les flux de matières premières et d’énergies), l’EEI amène une compréhension nouvelle du fonctionnement du capitalisme globalisé. De nombreuses publications mettent ainsi en lumière l’actuelle domination des pays les plus riches sur le monde en développement. Année après année, le Nord global fait peser une grande partie de l’empreinte de sa consommation sur le reste du monde en s’insérant aux étapes les plus rentables et les plus dématérialisées de la production mondiale.

Bien que s’inscrivant dans la continuité de ces analyses, ce travail prône plus de nuance : le monde n’est pas uniquement composé de deux groupes de pays, riches et pauvres. En étudiant spécifiquement la position de la Suisse, l’un des pays les plus riches du monde, nous mettons en lumière l’asymétrie particulière qui caractérise ses interactions avec le reste du monde. Là où le Nord global fait, selon le type de ressources, peser entre 10% et 40% de l’empreinte de sa consommation sur le reste du monde, ce sont entre 40% et 100% de l’empreinte suisse qui résident à l’étranger. Et loin de l’idée commune de la domination du Nord sur le Sud, nous observons que la quasi-totalité des pays européens souffrent de relations totalement asymétriques vis-à-vis la Suisse. De plus, nous présentons que l’EEI a gagné en importance pour la Suisse au cours des dernières décennies, illustrant ainsi que l’ère postcoloniale n’est qu’un autre moment historique où la prospérité des uns progresse aux dépends de celle des autres.

Nous discutons également du rôle central que semblent jouer les prix domestiques et les revenus financiers dans la réalisation d’un EEI. L’exemple de la Suisse se prête parfaitement à cette discussion mais nous évoquons également le Luxembourg qui, selon notre analyse, est le seul pays au monde à entretenir une relation métabolique clairement avantageuse avec la Suisse. Enfin, nous présentons que, comme le Nord ou le Sud, la Suisse n’est pas un ensemble homogène. L’empreinte physique de la consommation variant énormément entre les individus, nous soutenons que l’EEI est un phénomène qui profite inégalement à la population suisse.

Keywords
  • Échange écologiquement inégal
  • Analyse Input-Output
  • Commerce international
  • Globalisation
  • Financiarisation
  • Métabolisme mondial
  • Économie physique
  • Nord-Sud
  • Asymétries de prix
  • Chaînes de valeur globales
  • Néolibéralisme
  • Dépendance
Citation (ISO format)
KLEINSCHMIDT, Viktor Karl Antoine. Flux physiques et domination dans le système-monde. Regard sur le métabolisme suisse à l’aune de l’échange écologiquement inégal. Master, 2026.
Main files (1)
Master thesis
accessLevelPublic
Identifiers
  • PID : unige:194144
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12downloads

Technical informations

Creation18/06/2026 09:43:57
First validation18/06/2026 14:00:17
Update13/08/2026 09:08:35
Status update13/08/2026 09:08:35
Last indexation13/08/2026 09:09:18
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