La direction du regard joue un rôle central dans l’initiation des interactions sociales, car elle permet de signaler nos intentions relationnelles. La littérature a notamment mis en avant qu’un regard direct, contrairement à un regard détourné, permettait de signaler notre intérêt pour autrui. Ensuite, quelques travaux se sont intéressés à l’influence de la direction du regard dans l’initiation de relations romantiques, notamment sur l’attirance romantique initiale. En revanche, aucun n’a exploré son rôle dans l’attirance sexuelle initiale. Enfin, nous savons que la signification de ce regard direct dépend aussi du contexte dans lequel il est émis. Un regard direct dans un contexte sexuel pourrait ainsi transmettre de l’intérêt sexuel qui, en retour, pourrait déclencher de l’attirance sexuelle chez l’observateur. Ainsi, la présente étude vise à mieux comprendre l’effet de la direction du regard, dans un contexte sexuel, sur le déclenchement de l’attirance sexuelle lors d’une première impression. L’attractivité physique et plus précisément l’attractivité faciale a également été considérée, compte tenu de sa proximité avec l’attirance sexuelle. La problématique posée était la suivante : est-ce que la direction d’un regard, lorsqu’elle s’inscrit dans un contexte sexuel, module l’attirance sexuelle initiale ressentie et l’évaluation de l’attractivité faciale ?
Pour y répondre, 77 personnes participantes ont été plongées dans un environnement d’application de rencontre et ont évalué leur attirance pour des visages présentant un regard direct ou détourné, et apparaissant soit dans un contexte sexuel, soit dans un contexte neutre.
Les résultats n’ont révélé aucun effet pour l’attirance sexuelle. Concernant l’attractivité physique, ni effet principal du regard ni interaction n’a été observé. En revanche, un effet principal du contexte est apparu : les visages étaient jugés moins physiquement attirants dans un contexte sexuel que dans un contexte neutre. Par ailleurs, les contrastes planifiés ont mis en évidence qu’un visage avec un regard direct, dans un contexte sexuel, était évalué comme plus attirant qu’un visage avec un regard détourné ou présenté dans un contexte neutre.
Ce manque de résultats au sens général peut s’expliquer par de nombreuses limites méthodologiques. Cette étude permet de mettre en avant l’importance de la sélection des stimuli faciaux et d’un regard dynamique. En effet, un regard figé limite la transmission d’un intérêt sexuel. Concernant l’attractivité physique, les résultats invitent à s’interroger sur l’impact de la valence négative associée à un contexte sexuel sur l’attirance ressentie. Enfin, les résultats des contrastes planifiés encouragent à vérifier, avec des stimuli plus riches sur le plan non verbal, si l’effet potentiel d’un regard direct dans un contexte sexuel sur l’attirance physique et, peut- être aussi l’attirance sexuelle, se confirme.