Introduction : les maladies démyélinisantes acquises du SNC à début pédiatrique sont associées à un cumul d’invalidité plus important comparé aux adultes. Il convient d’identifier certains facteurs modifiables susceptibles d’influencer le parcours de la maladie et la qualité de vie chez ces enfants. Plusieurs études ont montré qu’une concentration sérique basse en vitamine D, un index de masse corporelle (IMC) élevé et une sédentarité ont une relation causale et un effet délétère sur l’évolution d’une SEP. A l’âge pédiatrique, ces facteurs contribuent aux répercussions cognitives et psychosociales.
Méthode : nous avons mené une étude rétrospective au sein de notre population d’enfants diagnostiqués avec une maladie démyélinisante acquise chronique du SNC, en identifiant les caractéristiques de ces 3 variables, que sont la valeur sérique de vitamine D, l’IMC et le niveau d’activité physique, ainsi que les répercussions sur les compétences cognitives et le parcours scolaire chez ces enfants.
Résultats : nous avons inclus 10 patients dans cette étude, avec un âge moyen de diagnostic de 12.5 ans : 7 enfants avec une SEP, 2 enfants avec une maladie type MOGAD et 1 enfant avec une NMO à anticorps anti-aquaporine 4. Ils étaient tous traités par une immunosuppression. Le taux de vitamine D initial était insuffisant (50-75 nmol/l) ou déficient (< 50 nmol/l) dans 90% des cas et un taux déficient persistait à 24 mois de suivi chez 40% malgré une supplémentation orale prescrite. Lors du diagnostic, 2 enfants étaient en surpoids (IMC > 25), 1 enfant avait une obésité de stade I (IMC 30-35) et 1 remplissait les critères d’une obésité morbide de stade III (IMC>40). Une activité physique régulière (3x/semaine, 30 minutes) était pratiquée par 30% des participants initialement avec une majoration à 50% au suivi des 18 mois. Parmi nos 10 patients, 77% rencontrent des difficultés scolaires avec une baisse des performances académiques, nécessitant des aménagements pédagogiques ou une réorientation scolaire dans 44% des cas. Les bilans neuropsychologiques effectués chez 5 patients (50%) ont révélé des difficultés particulières dans l’auto-régulation attentionnelle, la mémoire de travail et les traitements visuo-spatiaux.
Discussion : cette étude explore 3 facteurs modifiables (vitamine D, BMI et activité physique) chez des enfants et adolescents atteints d’une maladie démyélinisante acquise chronique du SNC, ainsi que les répercussions cognitives de la maladie dans cette population. Elle révèle des valeurs similaires à celles préalablement décrites et la prévalence de faiblesses du fonctionnement cognitif dans cette tranche d’âge. Il a été démontré que ces facteurs environnementaux, qui relaient d’une certaine hygiène de vie, peuvent influencer les performances scolaires. Limitée par le nombre de patients, cette étude suggère néanmoins qu’il s’agit d’une population à risque pour un cumul d’invalidité cognitive et qu’il convient d’aborder, à un stade précoce, les facteurs susceptibles d’influencer ce déclin. Une médecine personnalisée s’impose, comportant des modalités interventionnelles qui prennent en compte l’enfant et son entourage.