en
Master
French

Logiques et méthodes d'intervention syndicale à Unia Vaud: Quelles pistes pour un syndicat de demain ?

ContributorsKnezevic, Tamara
Number of pages76
Defense date2020-09-02
Abstract

Ayant effectué le stage pendant six mois au sein du syndicat Unia, avec un cahier de charges portant principalement sur la construction syndicale, ce mémoire de stage va naturellement revenir sur cet aspect en particulier, afin de décrire en quoi consistent aujourd'hui les différentes stratégies d'organisation et de mobilisation collective dont ce syndicat se dote. Ce mémoire n'a pas pour but de s'arrêter à un récit des différentes tâches effectuées dans le cadre du stage, mais a pour volonté, d'y apporter un regard critique et surtout une dimension réflexive, ce que nous tenterons de faire dans la dernière partie. Par conséquent, partant du principe que les organisations politiques et syndicales (en tant que formes traditionnelles d'organisation collective) sont aujourd'hui à la croisée de chemins et devant répondre aux différents défis qui les dépassent parfois 1-­ entre les mutations phénoménales du marché du travail, l'explosion des mouvements sociaux et de mobilisations de rue, la multiforme crise (sanitaire, sociale, économique) provoquée par le virus du Covid-­19 -­ nous tenterons, à travers l'étude du développement syndical d'Unia, tracer les perspectives et pistes pour le syndicat de demain. Pour ce faire, nous allons nous servir de l'observation faite comme des différentes données récoltées durant la durée du stage, à la fois sur les pratiques de construction syndicale comme sur le recrutement et les effectifs de membres. Dans un premier temps, il s'agira d'exposer les pratiques syndicales dont Unia fait usage, en y apportant des commentaires et notes personnelles prises lors des différentes activités syndicales. Il s'agira donc de revenir sur l'observation des différentes campagnes et pratiques du secteur tertiaire, sur la participation aux diverses réunions et coordinations comme sur la mise en contact avec les travailleur·euse·s et membres. Dans un deuxième temps, nous allons étudier les différentes données qui ont pu être récoltées durant la durée du stage. Ces dernières consistent en différents documents, principalement des statistiques et rapports qu'Unia a produit à l'interne sur l'évolution de ses effectifs. Nous allons nous servir également des discussions menées avec quelques secrétaires syndicaux·ales comme de leurs propos donnés lorsqu'ils et elles ont été sollicité·e·s par la presse et/ou les médias. Si à l'époque des grands mouvements ouvriers à travers l'Europe, les syndicats ont pu jouer un rôle prépondérant et organiser des masses travailleuses pour obtenir des victoires et arracher les droits, les différents processus de transformation sociale et économique du monde du travail ont mené vers le déclin progressif de la densité syndicale. Avec la désindustrialisation suivie par la tertiarisation de la société en passant par la transformation de la main d'oeuvre, le paysage syndical a nécessairement fini par en ressentir les effets, à la fois dans ses effectifs comme sur les méthodes qu'il employait. A partir de la fin des années 1990, avec l'arrivée des nouvelles professions comme des nouvelles catégories des travailleur·euse·s -­ à travers notamment la tertiarisation et l'économie de plateforme -­ le rapport au travail s'est vu transformer ce qui a inévitablement imposé des nouveaux défis pour le monde syndical. Ces changements structurels ont cristallisé l'existence des autres groupes professionnels qui n'étaient plus ceux des hommes travaillant dans les secteurs d'industrie ou de construction, les champs “traditionnels” du recrutement syndical. Pour étudier les logiques que les syndicats adoptent face à ces défis, nous allons croiser notre observation et les données récoltées avec la lecture sociologique portant sur les mobilisations sociales et la place occupée par les syndicats. Si l'approche de la “revitalisation syndicale” ou du “renouveau syndical” peut nous sembler particulièrement utile car elle se focalise sur le rôle des syndicats dans la mobilisation des catégories sociales spécifiques, comme l'usage des méthodes syndicales “modernes”, elle est discutée et débattue dans la littérature scientifique. Si effectivement, les syndicats essaient d'organiser les précaires, intervenir auprès des travailleur·euse·s pauvres n'est pas nécessairement vu comme “le signe d'un élargissement ou d'un renouveau du syndicalisme contemporain, capable de s'adapter aux problèmes montants du précariat” (Chabanet al., 2011). En effet, le caractère de “nouveauté” serait ici mis en question car “les groupes à faibles ressources sont mobilisés bien plus qu'ils ne se mobilisent, ce qui amène à réfuter l'idée d'un renouveau de l'action collective initiée par les précaires” (Dunezat, 2011). C'est notamment cet aspect qui va nous intéresser dans la dernière partie de ce mémoire. A savoir comment le plus grand syndicat en Suisse, au moment de la précarisation accrue du travail, organise et mobilise, avec les outils qui sont les siens, cette catégorie des travailleur·euse·s à la marge, s'agissant des populations défavorisées et souvent démunies des ressources économiques, sociales ou politiques. Nous aimerions explorer la manière dont le syndicat atteint les “inatteignables” et dont il organise les “inorganisé·e·s”. L'idée sous-­jacente et globale étant de comprendre mieux, ce que les sociologues qualifient de “mobilisations sociales à l'heure du précariat” (Chabanet et al., 2011) et le rôle qu'y jouent les syndicats. Nous proposons de répondre à cette question de recherche de façon suivante. Dans un premier temps, nous allons nous concentrer sur le contexte historique du paysage syndical en Suisse, puisque étudier comment il a évolué au fil du temps nous permettra de comprendre la forme qu'il prend aujourd'hui. Une fois nous aurions exposé son développement dans le temps, nous pourrions passer à ses pratiques actuelles. Dans un deuxième temps nous allons exposer les logiques et outils dont Unia et plus particulièrement, le secteur tertiaire se dote, pour faire de la construction syndicale et à agir sur le développement du paysage syndical suisse. Nous pourrions ensuite vérifier l'effectivité des outils déployés par Unia en nous basant sur les données qui analysent l'évolution de ses effectifs au fil du temps (quels secteurs d'activité sont le plus syndicalisés, quels secteurs semblent être délaissés, pour quelle raison les membres rejoignent ou quittent le syndicat, etc.). Nous tenons à souligner que seule analyse des méthodes syndicales déployées, mise en perspective avec les données sur les effectifs, est nécessairement restrictive et ne permet pas, à elle seule, de saisir la problématique de l'adhésion syndicale qui est plus large. De ce fait, nous n'avons pas pour prétention ici d'apporter les réponses toutes faites au déclin de la syndicalisation en Suisse. Toutefois, nous considérons que les pratiques qui sont déployées par les syndicats y jouent un rôle important, en ce qu'elles reflètent notamment la façon dont les syndicats interprètent la société et ses transformations à l'heure actuelle. Suite à cette analyse, et dans un troisième temps, nous allons apporter nos conclusions et soulever quelques questions afin de tenter d'apporter des recommandations ou pistes pour un syndicat de demain, prêt et apte à se saisir des problèmes de son époque afin d'agir sur le monde social qui l'entoure.

fre
Citation (ISO format)
KNEZEVIC, Tamara. Logiques et méthodes d’intervention syndicale à Unia Vaud: Quelles pistes pour un syndicat de demain ? 2020.
Main files (1)
Master thesis
accessLevelPrivate
Identifiers
  • PID : unige:158264
147views
0downloads

Technical informations

Creation01/19/2022 4:21:00 PM
First validation01/19/2022 4:21:00 PM
Update time03/16/2023 2:28:04 AM
Status update03/16/2023 2:28:03 AM
Last indexation02/01/2024 7:18:08 AM
All rights reserved by Archive ouverte UNIGE and the University of GenevaunigeBlack