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Title

Histoire de la représentation des enseignants sur le rapport d'autorite (1880-2008): de la violence des maîtres à la violence des élèves

Author
Director
Muller, Christian
Denomination Licence mention enseignement
Defense Maîtrise : Univ. Genève, 2010
Abstract Les châtiments corporels ont pratiquement disparu dans le système d'enseignement actuel qui semble avoir moins besoin de contraindre physiquement ses élèves. Aussi nous observerons tout particulièrement comment et pourquoi les contraintes scolaires ont évolué ces cent dernières années de la violence physique vers une forme de violence moins visible, plus diffuse, et peut-être plus efficace, que l'on nomme violence symbolique. Si l'on admet que depuis un demi-siècle, l'évaluation est la forme maximale de cette violence symbolique qu'un maître impose à l'ensemble de ses élèves, il nous faudra analyser cette évaluation à travers laquelle s'opère une sélection scolaire qui est tout autant une sélection sociale. Toutefois, cette dimension de la violence symbolique ne s'avère efficace que parce qu'elle est intériorisée par ses différents acteurs sociaux, les enseignants, les élèves et les familles, et qu'ils la considèrent comme légitime. Cette légitimité n'est pas intrinsèque, elle est construite socialement et historiquement, reconnue et imposée par l'Etat. Nous pouvons donc supposer a priori la corrélation historique suivante : la violence symbolique croît à mesure que la violence physique décroît dans les écoles et ce processus s'inscrit dans une dynamique historique plus générale dans laquelle on constate que le système d'enseignement qui contraignait les individus a réussi, sur une période d'environ un siècle, à les amener à s'autocontraindre. Sous cet aspect, l'école apparaît donc comme un mode de socialisation spécifique qui s'inscrit plus largement dans la construction de l'Etat de droit moderne. L'objet de notre travail sera d'observer quand et comment le système d'enseignement a renoncé aux techniques de coercition les plus brutales afin de leur préférer des techniques plus subtiles ; en somme comment le travail scolaire a renoncé à contraindre l'individu afin de l'amener à s'autocontraindre. Ce pouvoir s'appuyant presque essentiellement sur une violence symbolique dont l'école détient le monopole n'est-il pas infiniment plus efficace et contraignant qu'un pouvoir s'imposant grâce à la violence physique, puisque l'individu l'intériorise et le reconnaît comme légitime ?
Stable URL https://archive-ouverte.unige.ch/unige:12522
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Structures
Research group Laboratoire d'histoire sociale et culturelle de l'éducation ( LHiSCE)

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Deposited on : 2010-11-17

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