Dans cet article, j'aimerais montrer, à travers un certain nombre d'exemples, et plus particulièrement de la négation, ce que la pragmatique, dans son orientation cognitive, apporte à la description d'une langue comme le français. C'est essentiellement autour des questions du sens et de la signification que je me pencherai, pour essayer de comprendre ce dont a besoin un dispositif de description sémantique et pragmatique d'une langue, dispositif qui soit empiriquement, descriptivement et théoriquement fondé. Je présenterai dans un premier temps la question de la signification, en distinguant de la manière la plus précise possible la différence entre sens et signification. Par convention, en suivant des auteurs comme Anscombre & Ducrot (1983), Sperber & Wilson (1995), Searle (1982), je réserverai le terme signification pour renvoyer au contenu linguistique, qu'il soit lexical ou compositionnel, alors que j'utiliserai le terme sens pour le contenu pragmatique, résultat d'une interaction entre signification linguistique et contexte. Dans un deuxième temps, je discuterai certaines propositions de la pragmatique contemporaine, principalement issues de la théorie de la pertinence. J'essaierai notamment de défendre l'idée selon laquelle la relation entre sens et signification être de deux types booléens : inclusion et intersection. Je poursuivrai dans un troisième temps avec l'exemple de la négation et notamment la distinction classique entre négation descriptive et négation métalinguistique. Dans cette partie, je montrerai que la sémantique de la négation en particulier, et du français en général, n'est pas intuitive, alors que la pragmatique, elle, l'est et est de plus accessible à la conscience. Enfin, je terminerai par monter, de manière plus générale, comme on peut envisager une interaction pertinente et descriptivement adéquate, entre la pragmatique et la linguistique.