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La police; un métier d'hommes ? Who care(s)?

ContributorsHéritier, Jessica
Master program titleMaster en Etudes genre
Defense date2022-09-06
Abstract

Dans ce travail empirique, je me suis intéressée aux valeurs et aux normes de la police ainsi qu’à leur influence sur la division sexuelle des pratiques professionnelles et de la gestion émotionnelle des policier.es en Suisse romande.

La police en tant qu’organe politique de l’État incarne un pouvoir autoritaire qui, comme l’armée, repose sur le monopole de la violence légitime et promeut une approche virilo-centrée des problématiques sociales où les moyens physiques de coercition sont souvent valorisés au détriment des méthodes plus pacifiques pour résoudre les conflits.

Incarnant des valeurs masculines, la profession a longtemps été réservée aux hommes avant de se féminiser dans les années 1960 en Suisse. Cependant, l’entrée des femmes dans la police n’a pas bouleversé l’ordre établi puisque celles-ci restent affiliées à leur statut de care giver, laissant aux hommes le monopole de l’usage des moyens de la violence légitime. Une division sexuelle du travail est donc à l’œuvre dans la profession où l’on délègue aux femmes le travail social et le « sale boulot » (dirty work, Hughes, 1951), et aux hommes le travail de répression et les tâches techniques. Les femmes sont également discriminées dans leur carrière puisqu’elles sont exclues de certains postes lorsqu’elles ont des enfants. En effet, le temps partiel n’étant pas possible dans certaines unités de police, elle se retrouvent dans des postes administratifs qui les écartent des interventions de terrain et des moyens sophistiqués de contrainte. À compétences égales aux hommes, elles se butent à un « plafond de verre » (Laufer, 2004) lorsqu’elles veulent accéder aux postes les plus prestigieux.

Au sein de la profession s’exerce également une division sexuelle du « travail émotionnel » (Hochschild, 2017) où hommes et femmes parce qu’ils ne font pas les mêmes tâches ne sont pas confronté.es aux mêmes situations et n’ont pas la même manière de gérer ce qu’ils ressentent en fonction de leur conformisme aux normes masculines enjointes par l’institution. Les répercussions de ces divisions sur la santé mentale des policier.es mettent cependant en évidence l’obsolescence d’un système inégalitaire et la nécessité de mettre en place une autre organisation de la profession qui reposerait sur une éthique du care plus apte à prendre en compte les droits et les besoins des professionnels mais aussi des populations auprès desquelles ils interviennent.

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Keywords
  • Division sexuelle du travail
  • Travail émotionnel
  • Sociologie de la police
Citation (ISO format)
HÉRITIER, Jessica. La police; un métier d’hommes ? Who <i>care(s)</i>? 2022.
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Master thesis
accessLevelPublic
Identifiers
  • PID : unige:163966
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Technical informations

Creation10/04/2022 2:06:00 PM
First validation10/04/2022 2:06:00 PM
Update time03/16/2023 7:46:11 AM
Status update03/16/2023 7:46:10 AM
Last indexation05/06/2024 11:42:33 AM
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