fr
Master
Français

Intérieurs : la figuration spatiale de l'intériorité dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire

Contributeurs/tricesNeeser Hever, Cécile
Directeurs/tricesDavid, Jérôme
Dénomination du masterMémoire de maîtrise universitaire en langue et littérature françaises modernes
Date de soutenance2015
Résumé

Ce travail, qui a obtenu le prix Hentsch 2016, étudie ce que nous proposons d’appeler la spatialisation de l’intériorité dans les « Fleurs du Mal » de Baudelaire. Il consiste en l’analyse poétique et stylistique approfondie d’une série de figures d’analogie où l’intériorité humaine (le « cœur », le « cerveau », l’« âme ») est figurée par des espaces matériels clos (« appartement », « tombeau », « pyramide », « caveau », « palais »). À ce jour, ces figures n’ont pas été envisagées comme un objet d’étude distinct par la critique baudelairienne. Elles offrent pourtant, à l’intérieur du corpus des « Fleurs du Mal », une figuration de la subjectivité qui a sa cohérence propre, indépendamment des différents poèmes dans lesquels elles s’inscrivent et de leurs projets de sens respectifs. Ce travail se propose d’observer ce qu’une telle figuration du moi peut signifier de la subjectivité baudelairienne, et comment la forme même de ces figures, ainsi que les effets que cette forme exerce sur le lecteur, participent de cette signification. Par un principe qu’on a appelé de « surimpression », le lecteur est sujet à deux effets distincts (voire contradictoires) mais simultanés, qui s’imposent à lui avec la même force d'hypotypose : d’une part un mouvement de dilatation de l’intériorité, dû à l’évocation d’objets et d’êtres dont la matérialité, la taille ou le nombre pointent vers un espace incommensurable avec l'espace métaphorisé ; d’autre part, un maintien des limites, dû, lui, à la surimposition à l’intériorité humaine d’un autre espace, fermé, qui met en valeur les limites de l’espace premier. L’effet d’hypotypose invite le lecteur à ressentir en lui-même et pour lui-même la souffrance du moi ainsi figuré en le retenant sur une « image impossible », dont il n’est pas d’abord possible de faire sens. Par sa forme (et il faut entendre par là tant sa forme figurale que la forme qu’elle donne au sujet), la spatialisation baudelairienne de l’intériorité est apte à dire ces états de dilatation et d’enfermement paradoxaux, d’oppression continuée et de tension prolongées qu’on apparente au spleen, mais aussi certains aspects essentiels du sujet, en particulier quant à ses limites et à son centre. S’appuyant sur la théorie des figures, en particulier des figures d’analogie, d’Aristote à Laurent Jenny, en passant par Erich Auerbach, Paul Ricœur et Max Black, ce travail étudie dans le détail les effets de la spatialisation baudelairienne de l’intériorité, en particulier les effets d’hypotypose que la figure d’analogie tend à imposer au lecteur. Enfin, à travers une approche phénoménologique, il montre que ce cas particulier ouvre une réflexion plus générale sur la figure dans l’expérience de lecture : ces figures exemplifient en effet, en l’exacerbant, le processus de matérialisation inhérent au fonctionnement du langage métaphorique, qui « fait paraître le discours en lui donnant, comme dans les corps, contour, traits, forme » (Ricœur).

fre
Mots-clés
  • Baudelaire
  • Fleurs du mal
  • Stylistique
  • Métaphore
  • Analogie
  • Ricoeur
  • Aristote
Citation (format ISO)
NEESER HEVER, Cécile. Intérieurs : la figuration spatiale de l’intériorité dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire. 2015.
Fichiers principaux (1)
Master thesis
accessLevelRestricted
Identifiants
  • PID : unige:115120
99vues
15téléchargements

Informations techniques

Création19/03/2019 14:35:00
Première validation19/03/2019 14:35:00
Heure de mise à jour15/03/2023 16:00:05
Changement de statut15/03/2023 16:00:05
Dernière indexation29/01/2024 21:47:23
All rights reserved by Archive ouverte UNIGE and the University of GenevaunigeBlack