Ce travail s'intéresse au conflit entre les notions d'invisibilité du traducteur et d'identité auctoriale dans le domaine de la traduction littéraire. A travers une réflexion à la fois sociologique et traductologique et une analyse de critiques de littérature traduite, nous tentons de comprendre quelle place occupe le traducteur parmi les différents acteurs littéraires que sont le critique, l'éditeur et l'auteur. Notre réflexion trouve son illustration dans l'analyse des récits romains de Pasolini, Ragazzi di vita, Una vita violenta et Storie della Città di Dio, lesquels correspondent à un seul et même moment de l'écriture du poète des borgate. Oeuvre de trois traducteurs différents s'étalant sur plus d'un demi-siècle, la version française de ces récits correspond à trois époques distinctes, trois horizons d'attente différents, trois visions conditionnées d'une culture et d'un auteur: trois plumes derrière lesquelles, au vu de cette analyse, celle de l'auteur peine à s'affirmer.